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L'Encyclo-Conso |
Evolution des produits consommés et de leur mode de fabrication |
| Les
biens manufacturés que nous consommons au quotidien peuvent,
si
nous n'y prenons pas garde, être synonymes de pollutions
multiples qui portent atteinte à l'environnement et
à
la santé publique. De même, il est
nécessaire de
prendre conscience des conditions de travail dans lesquelles ils sont
produits. |
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Pollution industrielle | |
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Risque industriel | |
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Déchets | |
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Santé publique | |
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Santé des travailleurs |
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Exploitation des travailleurs | |
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Travail des enfants | |
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Label social | |
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Energie et préservation de l'environnement | |
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Produits de consommation courante et préservation de l'environnement | |
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Réparation et recyclage |
| Pollution industrielle |
| Tout d'abord, l'impact des industries sur l'environnement est significatif et prend des formes multiples. À la pollution des sols, de l'eau et de l'air (pouvant aller jusqu'au blocage des précipitations [A020]), il faut ajouter d'autres variantes de la destruction du patrimoine naturel : exploitation illégale d'essences de bois protégées [B035], prospection pétrolière menaçant la survie des baleines grises [B003], etc. |
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| Après leur fabrication ou leur extraction, l'effet des produits eux-mêmes sur l'environnement est également à prendre en compte. Alors que s'accumulent des éléments convergents sur un changement climatique en cours [B029], la production de gaz à effet de serre reste beaucoup trop importante [B063], par exemple au niveau de la consommation des carburants automobiles, qui a augmenté en France de 50 % en deux décennies [B001]. Côté logement, les lessives et les produits de nettoyage usuels sont à l'origines de pollutions de l'eau [B112]. |
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| Risque industriel |
| Le risque industriel est inséparable de nos modes de production. L'industrie chimique française compte de nombreux établissements à risques : 1250 classés Seveso II, dont la moitié en zone urbaine, et environ 65 000 installations classées polluantes et dangereuses [A021]. Le transport de matières polluantes peut lui aussi s'avérer catastrophique, comme en témoignent les marées noires récentes [B051]. Sur le plan énergétique, le principal facteur de risque est lié aux installations nucléaires ; même si les accidents déjà survenus en France [B004] sont restés 'mineurs', aucune compagnie d'assurance ne veut prendre le risque d'assurer le nucléaire [B005] ! Enfin, les facteurs de risque intrinsèques à ces industries se voient accrus par le recours croissant à la sous-traitance, qui restreint fortement les capacités de réaction du personnel en cas de problème [B053]. |
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| Déchets |
| La production industrielle aboutit à la création de grandes quantités de déchets (380 kilogrammes par français et par an, + 2 % par an) dont la gestion est problématique, en particulier à cause des dioxines cancérigènes émises par les incinérateurs [B083]. |
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| Santé publique |
| Même
avant de devenir des déchets, les substances chimiques
courantes
comportent des risques en termes de santé
publique. Les
effets sur la santé et l'environnement des quelques 70 000
composés (et de leurs mélanges) en usage dans les
pays
industrialisés sont majoritairement inconnus [A022]. Les peintures, colles et solvants contiennent différentes substances dangereuses [B079] : éthers de glycol, métaux lourds, dérivés azoïques cancérigènes, COV. Ceci vaut également pour les produits de traitement du bois [B081], et pour les laines de verre ou de roche qui renferment des microfibrilles pouvant provoquer des maladies des voies respiratoires [B080]. L'exposition aux matières polluantes existe aussi à l'extérieur des habitations, en particulier lors des pics de pollution automobile [B084]. Par ailleurs, les antennes-relais requises par la téléphonie mobile sont vraisemblablement à l'origine de troubles graves chez les personnes vivant à proximité [B045]. |
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| Santé des travailleurs |
| La
santé des travailleurs est rarement une priorité
des
modes de production industrielle en vigueur. En 2003, l'OIT estimait
que chaque année, plus de 2 millions de travailleurs
décèdent dans l'exercice de leur
métier, soit 5
000 par jour [B043]. Les pays du Tiers-Monde paient le plus
lourd
tribut : intoxications aux solvants ou empoisonnement au plomb dans les
usines de la high-tech [A043], composés volatils toxiques
dans
les sweatshops asiatiques fabriquant nos jouets [A047],
systèmes de sécurité
déconnectés
dans les maquiladoras mexicaines [A042]. En France, la CNAM indique que 780 salariés meurent annuellement au travail (plus de 2 par jour), et 3 700 personnes sont victimes chaque jour d'un accident du travail [B043]. A côté des industries de production, la grande distribution est également concernée par ces résultats déplorables [B059] (» I.3 Grande distribution). |
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| Exploitation des travailleurs |
| Une
grande quantité des biens manufacturés que nous
importons
des pays non occidentaux, sont fabriqués dans des conditions
de
travail dégradantes et incompatibles avec la
dignité
humaine. De l'Extrême-Orient [A048] à
l'Amérique
centrale [A006], de l'industrie textile [A037] à celle des
jouets [A045] en passant par l'agro-alimentaire [A027], l'exploitation de
l'homme par l'homme est une constante du système :
environnement
de travail étouffant [A037], horaires et cadences relevant de
l'esclavagisme [A046], salaires de misère [A039], discipline
de
fer [A048], décomposition des structures sociales
traditionnelles [A007] ; certains de nos biens de consommation
« bon marché » sont
même
fabriqués par des prisonniers en camps de travaux
forcés [A040]. Cette situation semble ne pas devoir
évoluer, car l'activité syndicale est
absente [A044],
voire réprimée ou interdite [A004], là
où
elle serait le plus nécessaire. En France, des hommes et des femmes travaillent aussi dans des conditions semblables, qu'il s'agisse de main-d'oeuvre illégale [C025] ou de travailleurs étrangers d'entreprises sous-traitantes [C008]. |
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| Travail des enfants |
| En ce qui concerne le travail des enfants, d'après les estimations de l'OIT, 250 millions d'enfants de 5 à 14 ans travaillent pour gagner leur vie, dont 70 % dans un environnement dangereux [B002]. L'ampleur du phénomène est nettement liée aux industries d'exportation [A038], où l'on retrouve bien entendu pour ces enfants les mêmes conditions de travail que celles mentionnées ci-dessus. Par ailleurs, le processus a été si bien optimisé par les industriels que même les enfants vivant encore dans le ventre de leur mère peuvent y jouer leur rôle [B013]... |
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| Label social |
Pour juguler les
dérives de la production industrielle dans les pays du
Tiers-Monde destinée à l'exportation, certains
proposent
la création d'un label social, qui devrait être
adopté par les entreprises concernées
(producteurs et
distributeurs) et garantirait le respect de droits sociaux
fondamentaux, inspirés des principales conventions de l'OIT,
et
portant sur [A001] :
Enfin, il s'avère que les entreprises importatrices rompent purement et simplement les relations commerciales avec leurs fournisseurs lorsque les conditions de travail chez ces derniers se trouvent dénoncées ; ceci ne constitue pas vraiment une solution pour les travailleurs concernés [A002]... Pour solutionner les problèmes humains posés par nos modes de production actuels, il faut aborder la question plus générale des rapports économiques et commerciaux entre les entités concernées (entreprises, Etats) ; des alternatives sont présentées pour cela au chapitre I.3 ci-dessous, tant sur le plan local qu'international. |
| Energie et préservation de l'environnement |
| La consommation
d'énergie à la maison est un premier
thème
important pour la préservation de l'environnement.
L'utilisation
d'un chauffe-eau solaire peut permettre de couvrir, sur le territoire
français, au minimum 50 % des besoins en eau chaude [B069].
Les
chaudières à bois atteignent aujourd'hui des
rendements
élevés [B070], et les pompes à chaleur
géothermique ont également beaucoup
progressé [B071]. Une production domestique
d'électricité peut être
envisagée à
l'aide de panneaux photovoltaïques [B072] (» partie II). En outre, il ne faut pas perdre de vue que l'énergie la plus écologique est celle que l'on ne consomme pas. Des économies d'électricité conséquentes peuvent être faites par un choix approprié du réfrigérateur [B073] ou des appareils de lavage [B074]. Les lampes fluocompactes permettent de réduire de moitié la facture d'éclairage [B075], et même la consommation des appareils électriques en veille n'est pas insignifiante [B076]. Enfin, l'isolation thermique des bâtiments est un point important et peut être assurée par des matériaux écologiques [B110] (» partie II). Les choix énergétiques se situent également au niveau des transports. La circulation automobile urbaine représente la moitié des kilomètres parcourus en France [B001], pour des trajets souvent courts, qui peuvent être accomplis en transports en commun ou à vélo, y compris à travers des services de « vélobus » [B085]. Sur des distances plus importantes, on peut envisager le covoiturage ou l'autopartage [B086]. Les alternatives se situent également au niveau des carburants, mais restent très limitées car elles reposent toujours sur les carburants fossiles. Il s'agit d'une part de carburants provenant de gaz : le gaz de pétrole liquéfié (GPL) ou le gaz naturel pour véhicule (GNV) [B087], et d'autre part des biocarburants, huiles végétales utilisées comme additifs à l'essence ou au gazole [B088] (» II. Carburants). Notons ici aussi que des économies substantielles peuvent être réalisées indirectement, par exemple en choisissant des circuits courts de production-distribution (» I.3) : En 2004, l'ensemble des produits alimentaires (des animaux sur pied aux produits transformés) représentait 30 % des transports de marchandises dans l'Union Européenne [C001]. |
| Produits de consommation courante et préservation de l'environnement |
| Certains produits de
consommation courante présentent un mode de fabrication ou
une
composition plus respectueux de l'environnement que pour leurs
équivalents standards [B078]. C'est le cas notamment des
produits
d'entretien [B111] et des lessives [B112]. Ces produits, comme
également certaines peintures ou sacs poubelles, peuvent
faire
l'objet d'une certification par un écolabel attestant leur
plus-value écologique [B107]. Enfin, le consommateur peut s'orienter vers des produits non testés sur les animaux, en particulier au niveau des cosmétiques [B106] (» partie II). |
| Réparation et recyclage |
| Le solutionnement du
problème des déchets passe par la
réduction des
déchets à la source, leur recyclage, et dans
certains cas
la réparation de biens manufacturés. La réparation des biens durables a fortement chuté lors des dernières décennies : dans les années 1960, les ménages consacraient en frais de réparation 50 % de leurs dépenses liées aux appareils ménagers, contre moins de 10 % en 2003. Le facteur principal de la baisse des réparations au profit du neuf, est la disponibilité massive de produits bon marché, souvent importés. Suivent l'attrait pour la nouveauté lié aux effets de mode, et l'absence de pièces de rechange [C005]. Pourtant, la réparation peut entraîner d'importants bénéfices écologiques (par exemple : doublement de la durée de vie des machines à laver), économiques et sociaux (emplois locaux qualifiés) [C005]. Le recyclage est devenu incontournable pour certains produits, comme le montre le cas du papier recyclé [B108]. En France, le taux d'utilisation de papiers récupérés, dans la production de pâte à papier, dépasse aujourd'hui les 50 % (soit 5 millions de tonnes de papiers récupérés) [C010]. Autre exemple, et alors que leur devenir reste particulièrement opaque en France : les déchets électroniques et informatiques sont gérés en Suisse par un système reposant sur une taxe obligatoire à l'achat de ce type d'appareils. Il comprend la collecte, le transport, le recyclage par des entreprises agréées, et des audits indépendants. En 2003, 68 000 tonnes de déchets ont ainsi été recyclées, et 75 % des matières ont pu réintégrer le cycle des matières premières [C006]. |
