L'Encyclo-Conso


Evolution des produits consommés et de leur mode de fabrication

Les biens manufacturés que nous consommons au quotidien peuvent, si nous n'y prenons pas garde, être synonymes de pollutions multiples qui portent atteinte à l'environnement et à la santé publique. De même, il est nécessaire de prendre conscience des conditions de travail dans lesquelles ils sont produits.

Pollution industrielle
Risque industriel
Déchets
Santé publique
Santé des travailleurs
Exploitation des travailleurs
Travail des enfants
 
Label social
Energie et préservation de l'environnement
Produits de consommation courante et préservation de l'environnement
Réparation et recyclage



Pollution industrielle   

Tout d'abord, l'impact des industries sur l'environnement est significatif et prend des formes multiples. À la pollution des sols, de l'eau et de l'air (pouvant aller jusqu'au blocage des précipitations [A020]), il faut ajouter d'autres variantes de la destruction du patrimoine naturel : exploitation illégale d'essences de bois protégées [B035], prospection pétrolière menaçant la survie des baleines grises [B003], etc.

  • En Equateur, dans la province amazonienne de Sucumbios, la nature est dévastée par la prospection et l'exploitation pétrolières : déforestation sur des dizaines de milliers d'hectares, rejet dans le sol des résidus de produits chimiques employés pour le forage des puits, contamination de l'air, fuites d'hydrocarbures issus de l'oléoduc le long des routes, puits de pétrole et énormes piscines rassemblant les déchets toxiques du brut [B050].
  • L'analyse d'images satellitaires a montré que les aérosols industriels ne font pas que détruire la couche d'ozone : ils bloquent également les précipitations de pluie et de neige. Ceci est dû au grand nombre de poussières présentes dans les nuages de pollution, qui empêchent la formation de gouttelettes suffisamment grandes pour donner des précipitations [A020].
  • En Afrique, des sociétés aux capitaux français (SFID, groupe Rougier ; SIBAF et HFC, groupe Bolloré), bénéficiant d'aides publiques par le biais de l'Agence française de développement, ont été condamnées pour exportation illégale d'une espèce de bois protégée (assamela) ou pour exploitation forestière en zone protégée [B035].
  • Aux confins orientaux de la Russie, la compagnie Exxon-Mobil (« Esso ») mène des prospections pétrolières sous-marines dans l'aire de nourrissage des dernières baleines grises (moins d'une centaine d'individus), menaçant de disparition cette espèce pourtant protégée. Shell et British Petroleum (BP) envisagent des projets similaires dans la même région [B003].
  • La pêche industrielle en zone côtière conduit au pillage des ressources naturelles et menace la pêche artisanale. En février 2005, au large de Concarneau en Bretagne, un navire bolincheur (du nom du filet employé) a ramené en une nuit 23 tonnes de bar, soit la pêche de 3 bateaux classiques en un an. De plus, ce massacre a eu lieu lors de la période de frai des femelles, le tout dans un contexte de déréglementation favorable à ce type de pêche massive [C020].

Après leur fabrication ou leur extraction, l'effet des produits eux-mêmes sur l'environnement est également à prendre en compte. Alors que s'accumulent des éléments convergents sur un changement climatique en cours [B029], la production de gaz à effet de serre reste beaucoup trop importante [B063], par exemple au niveau de la consommation des carburants automobiles, qui a augmenté en France de 50 % en deux décennies [B001]. Côté logement, les lessives et les produits de nettoyage usuels sont à l'origines de pollutions de l'eau [B112]

  • Une équipe britannico-norvégienne a montré en 2001 que le débit du Gulf Stream a diminué d'au moins 20 % depuis 1950. En 2002, un fragment de la banquise antarctique plus vaste que le grand-duché du Luxembourg se fracturait en milliers d'icebergs représentant au total 720 milliards de tonnes de glace [B029].
  • La végétation et les océans ne peuvent absorber que 2 à 3 milliards de tonnes de gaz carbonique par an, alors que la production humaine approche les 7 milliards de tonnes [B063].


Risque industriel   

Le risque industriel est inséparable de nos modes de production. L'industrie chimique française compte de nombreux établissements à risques : 1250 classés Seveso II, dont la moitié en zone urbaine, et environ 65 000 installations classées polluantes et dangereuses [A021]. Le transport de matières polluantes peut lui aussi s'avérer catastrophique, comme en témoignent les marées noires récentes [B051]. Sur le plan énergétique, le principal facteur de risque est lié aux installations nucléaires ; même si les accidents déjà survenus en France [B004] sont restés 'mineurs', aucune compagnie d'assurance ne veut prendre le risque d'assurer le nucléaire [B005] ! Enfin, les facteurs de risque intrinsèques à ces industries se voient accrus par le recours croissant à la sous-traitance, qui restreint fortement les capacités de réaction du personnel en cas de problème [B053]

  • Les fiouls lourds de l'Erika et du Prestige renferment des substances (HAP) fortement cancérigènes, non volatiles et très peu biodégradables ; forte mortalité chez les embryons de saumon pour des concentrations de HAP aussi infimes que celle de la partie par milliard (naufrage de l'Exxon Valdez) ; mort de 75 000 à 250 000 oiseaux marins suite au naufrage de l'Erika [B051].
  • En matière de sûreté, la production d'énergie nucléaire a déjà engendré de nombreux accidents (dont en France : Saint-Laurent-des-Eaux en 1980), et les risques demeurent élevés : défaillances matérielles et erreurs humaines (Flammanville, 21 janvier 2002), risques naturels (Le Blayais, 1999), accidentels ou liés à la malveillance [B004].
  • La maintenance des centrales nucléaires est assurée à plus de 80 % par des salariés d'entreprises extérieures, pour l'entretien, le nettoyage et les réparations. L'accumulation de l'expérience est dans ce cas impossible, et la pression émanant des donneurs d'ordre est très forte. Les travailleurs sont parfois forcés, sous peine de perdre leur emploi, à mettre leur santé en péril (exposition sans protection adéquate aux rayonnements ionisants) [B053].


Déchets   

La production industrielle aboutit à la création de grandes quantités de déchets (380 kilogrammes par français et par an, + 2 % par an) dont la gestion est problématique, en particulier à cause des dioxines cancérigènes émises par les incinérateurs [B083].

  • En 2002, la consommation de matières premières est estimée, dans l'Union Européenne, à 52 tonnes par personne et par an (« besoin total de matières »). Il s'ensuit une importante production de déchets : de construction, industriels, miniers, ... parmi lesquels les déchets urbains ne représentent que 14 % du total. Par ailleurs, les emballages constituent un tiers des déchets urbains [C001].
  • L'incinération des déchets présente deux défauts majeurs : d'une part l'émission de molécules polluantes cancérigènes (dioxines), avec plusieurs cas de forts dépassements de la norme admise (par exemple : 770 fois la norme à Gilly-sur-Isère en Savoie), et d'autre part la création d'une surcapacité qui nuit aux efforts de réduction des déchets à la source [C007].
  • Il n'y a pas que les incinérateurs qui brûlent les déchets : les cimenteries en font de même, les déchets y étant utilisés comme combustibles de substitution. Mais les cimenteries n'ont pas été conçues pour cela, et leur combustion laisse s'échapper dans l'environnement 6 à 10 fois plus de substances toxiques que les incinérateurs. De fait, de nombreux problèmes de santé publique sont relevés dans le voisinage de cimenteries : bronchites chroniques, asthme ou conjonctivites (vallée du Paillon, près de Nice) ; taux de cancers élevés, en particulier chez les enfants (Tournai en Belgique ; nord du Pays de Galles) [C013].


Santé publique   

Même avant de devenir des déchets, les substances chimiques courantes comportent des risques en termes de santé publique. Les effets sur la santé et l'environnement des quelques 70 000 composés (et de leurs mélanges) en usage dans les pays industrialisés sont majoritairement inconnus [A022].

Les peintures, colles et solvants contiennent différentes substances dangereuses [B079] : éthers de glycol, métaux lourds, dérivés azoïques cancérigènes, COV. Ceci vaut également pour les produits de traitement du bois [B081], et pour les laines de verre ou de roche qui renferment des microfibrilles pouvant provoquer des maladies des voies respiratoires [B080].

L'exposition aux matières polluantes existe aussi à l'extérieur des habitations, en particulier lors des pics de pollution automobile [B084]. Par ailleurs, les antennes-relais requises par la téléphonie mobile sont vraisemblablement à l'origine de troubles graves chez les personnes vivant à proximité [B045].

  • Sur un échantillon de 100 produits chimiques massivement utilisés aux Etats-Unis (HPV), les études existantes portant sur leur carcinogénicité, neurotoxicité et immunotoxicité ne concernent respectivement que 37, 33 et 14 d'entre eux. Plus globalement, d'après l'EPA, qui dépend du gouvernement américain, aucune donnée toxicologique publique n'existe pour 71 % des substances HPV (hors pesticides) [A022].
  • Les éthers de glycol sont des solvants très pratiques, solubles à la fois dans l'eau et dans l'huile. Mais des études sur les femmes enceintes exposées à ces produits ont montré qu'ils pouvaient être à l'origine d'avortements, de malformations ou de retards mentaux. Certains ont donc été interdits mais d'autres sont encore employés, malgré un avis du CSHP du 7 novembre 2002 demandant l'extension de l'interdiction [B082].
  • L'air de nos maisons contient plusieurs composés chimiques volatils, dont trois sont cancérigènes (benzène, trichloréthylène, tétrachloréthylène). 30 % des chambres et cuisines dépassent le seuil de 2 microgrammes par mètre cube d'air, fixé par le CSHP pour ces substances [A041].
  • Selon une étude effectuée dans 9 villes françaises, l'exposition aux polluants de l'air provoque 2 800 décès anticipés par an, concernant surtout des personnes déjà malades ou à risques (étude IVS, 2002) [B084].
  • Des témoignages convergents et de plus en plus nombreux mettent en relief la dangerosité des antennes-relais pour leurs riverains. Les troubles constatés vont des maux de tête, insomnie, vertiges, jusqu'à des maladies graves telles que cancers et leucémies, y compris chez des enfants [B045].


Santé des travailleurs   

La santé des travailleurs est rarement une priorité des modes de production industrielle en vigueur. En 2003, l'OIT estimait que chaque année, plus de 2 millions de travailleurs décèdent dans l'exercice de leur métier, soit 5 000 par jour [B043]. Les pays du Tiers-Monde paient le plus lourd tribut : intoxications aux solvants ou empoisonnement au plomb dans les usines de la high-tech [A043], composés volatils toxiques dans les sweatshops asiatiques fabriquant nos jouets [A047], systèmes de sécurité déconnectés dans les maquiladoras mexicaines [A042].

En France, la CNAM indique que 780 salariés meurent annuellement au travail (plus de 2 par jour), et 3 700 personnes sont victimes chaque jour d'un accident du travail [B043]. A côté des industries de production, la grande distribution est également concernée par ces résultats déplorables [B059] (» I.3 Grande distribution).

  • Dans l'industrie thaïlandaise des semi-conducteurs, empoisonnements au benzène et au plomb chez Seagate ; accès interdit à une usine de composants électroniques pour un médecin mandaté par le gouvernement suite à une dizaine de décès chez les ouvriers ; pas de protection chez Namiki contre les projections de gouttes de solvants [A043].
  • Constat dans des usines chinoises de fabrication de jouets, sous-traitantes de Walmart et de Hasbro : températures de 33 à 38 degrés dans les ateliers, absence générale de visites médicales, absence de ventilation dans les ateliers de peinture et d'assemblage (rapport d'une délégation d'ONG, 2001) [A047].
  • Doigts sectionnés dans une filiale de Hyundaï pour un ouvrier placé sur une machine qu'il ne connaissait pas ; un syndicat a montré que ce type d'accidents avait lieu suite à la déconnexion des systèmes de sécurité par guidage laser afin d'accroître les cadences [A042].


Exploitation des travailleurs   

Une grande quantité des biens manufacturés que nous importons des pays non occidentaux, sont fabriqués dans des conditions de travail dégradantes et incompatibles avec la dignité humaine. De l'Extrême-Orient [A048] à l'Amérique centrale [A006], de l'industrie textile [A037] à celle des jouets [A045] en passant par l'agro-alimentaire [A027], l'exploitation de l'homme par l'homme est une constante du système : environnement de travail étouffant [A037], horaires et cadences relevant de l'esclavagisme [A046], salaires de misère [A039], discipline de fer [A048], décomposition des structures sociales traditionnelles [A007] ; certains de nos biens de consommation « bon marché » sont même fabriqués par des prisonniers en camps de travaux forcés [A040]. Cette situation semble ne pas devoir évoluer, car l'activité syndicale est absente [A044], voire réprimée ou interdite [A004], là où elle serait le plus nécessaire.

En France, des hommes et des femmes travaillent aussi dans des conditions semblables, qu'il s'agisse de main-d'oeuvre illégale [C025] ou de travailleurs étrangers d'entreprises sous-traitantes [C008].

  • Les maquiladoras (du verbe maquilar, assembler), sont des usines d'assemblage appartenant à des filiales de multinationales et installées au Mexique le long de la frontière avec les USA. Plus d'un million de personnes travaillent dans quelques quatre mille usines de ce type, pour un salaire moyen de 3,25 $ la journée (contre 5,25 $ de l'heure côté américain) [A006].
  • La main d'oeuvre des maquiladoras est à 80 % féminine. L'humiliation et le désoeuvrement des hommes connaissant un chômage chronique, débouchent sur l'alcoolisme et les violences familiales [A007].
  • Chez Indian Ocean Tuna, conserverie de thon Heinz aux Seychelles fournissant les marques StarKist, Mare blue, Petit Navire, John West, Seychelles, etc, quelques 900 travailleurs immigrés travaillent debout, 14 heures par jour en moyenne, 6 jours sur 7, dans une usine où il fait 30 à 35 degrés [A027].
  • Quality Garments, entreprise d'assemblage de vêtements en Haïti, confectionnent des vêtements pour Disney et la chaîne de distribution Kmart. Les ateliers densément occupés sont chauds, mal éclairés, pas ventilés ; l'air y est chargé de poussières. Les employés travaillent de 8 à 10 heures par jour, du lundi au samedi, et aussi le dimanche en période de pointe (témoignages sur une période de travail de 50 jours d'affilée avec des semaines allant jusqu'à 70 heures). Les travailleurs sont payés à la pièce, généralement  pour un résultat de l'ordre de 1$ par jour, ce qui est inférieur au salaire minimum légal et insuffisant pour couvrir les besoins d'une famille [A037].
  • En Indonésie, grève des ouvriers d'une usine de chaussures Nike pour le respect du droit au salaire minimum légal, soit un passage d'environ 20 centimes d'euro à 1 euro quotidien (ce qui correspond à un tiers des besoins d'une famille moyenne) [A039].
  • Cas d'outils (scies, hâches, pinces-étaux) vendus en France dans la grande distribution (Gifi, Leclerc, Super U, Castorama) et fabriqués par des prisonniers dans des camps de travaux forcés en Chine [A040].
  • Dans une usine de jouets aux Philippines, les ouvriers doivent venir nettoyer les locaux et ramasser les ordures avant d'entamer leur travail rémunéré. Une usine chinoise travaillant pour Disney a instauré des amendes pour les ouvriers surpris en train de fumer, de parler, ou encore d'aller aux toilettes sans permission [A048].
  • Un rapport de la CISL recense en 2000 dans le monde : 209 syndicalistes tués ou portés disparus, 8 500 arrêtés, 3 000 blessés. Des obstacles légaux à la création d'un syndicat subsistent dans 108 pays, et ils sont interdits au Bhoutan, en Birmanie, en Guinée Equatoriale, en Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe [A004].
  • Lors de la construction du paquebot Queen Mary II à St-Nazaire, les Chantiers de l'Atlantique (Alstom) ont eu recours à des sous-traitants employant des travailleurs étrangers (roumains, grecs, portugais, indiens) dans des conditions scandaleuses, parmi lesquelles : salaire de 3 €/heure pour 55 heures de travail hebdomadaires, versé en liquide et sans contrat de travail ni couverture sociale ; caution de 600 € non remboursée ; plusieurs mois d'arriérés de salaire ; menaces de représailles visant les travailleurs (ou leurs familles au pays) en cas de grève ; confiscation de passeport [C008].
  • Fin 2003, à l'usine Shah Makhum au Bengladesh, qui produit des vêtements pour Disney, les ouvrières sont payées 0,34 € de l'heure pour un travail de 80 heures hebdomadaires effectué 6 jours sur 7. Bien que déplorables, ces conditions de travail ont pourtant été obtenues de haute lutte, suite aux revendications des ouvrières et à la pression de nombreuses ONG !... Auparavant, les conditions étaient en effet bien pires encore : plus de 100 heures hebdomadaires, pas de jour de repos, violences physiques et morales, ateliers surchauffés et mal entretenus, ... [C015].
  • Les étrangers « sans-papiers », ainsi que les demandeurs d'asile, représentent des proies faciles pour les entreprises en quête de main d'oeuvre illégale. Les secteurs concernés sont principalement le bâtiment, l'hôtellerie-restauration (cas d'une employée clandestine payée 150 € pour un mois de travail dans un restaurant chic, huit heures par jour week-end compris), la confection (exemple du prêt-à-porter féminin en région parisienne), les services aux personnes (emplois domestiques) et l'agriculture [C025].


Travail des enfants   

En ce qui concerne le travail des enfants, d'après les estimations de l'OIT, 250 millions d'enfants de 5 à 14 ans travaillent pour gagner leur vie, dont 70 % dans un environnement dangereux [B002]. L'ampleur du phénomène est nettement liée aux industries d'exportation [A038], où l'on retrouve bien entendu pour ces enfants les mêmes conditions de travail que celles mentionnées ci-dessus. Par ailleurs, le processus a été si bien optimisé par les industriels que même les enfants vivant encore dans le ventre de leur mère peuvent y jouer leur rôle [B013]...

  • De 1949 à 1987, le travail des enfants était interdit en Indonésie. Aujourd'hui, en partie suite à l'ouverture au commerce international, quelques 2,7 millions d'enfants de 10 à 14 ans travaillent, principalement dans l'industrie textile [A038].
  • L'industrie du vêtement de Tirupur, en Inde, emploie des milliers d'enfants âgés de moins de 14 ans (de 8 000 à 35 000 selon les sources) sur un total de 300 000 travailleurs. Elle fournit d'importantes enseignes européennes telles que C&A, Otto, Quelle, Karstadt, H&M, Woolworth, Kaufhalle. La production est conçue de telle sorte que certaines tâches soient réalisables par des enfants de 5 ans. En ville, les écoles primaires manquent d'instituteurs et des équipements requis [A036].
  • En 2000, le HKCIC a révélé que City Toys, sous-traitant chinois de Mac Donald's chargé de fabriquer des jouets, employait 400 enfants de moins de 14 ans travaillant 16 heures par jour, sept jours sur sept, avec seulement deux jours de repos par mois. Ces enfants, faute de transport, ne peuvent quitter les abords de l'usine, et sont logés à quinze par dortoir, sans sanitaires ni matelas [B065].
  • General Electric, Sanyo et General Motors  ont obtenu auprès de certains gouvernements du Tiers-Monde le droit de passer aux rayons X des candidates au recrutement pour vérifier qu'elles n'étaient pas enceintes, afin de ne pas avoir à payer de congés maternité [B013].


Label social   

Pour juguler les dérives de la production industrielle dans les pays du Tiers-Monde destinée à l'exportation, certains proposent la création d'un label social, qui devrait être adopté par les entreprises concernées (producteurs et distributeurs) et garantirait le respect de droits sociaux fondamentaux, inspirés des principales conventions de l'OIT, et portant sur [A001] :
  • l'interdiction du travail forcé et de l'exploitation des enfants,
  • le respect de la liberté syndicale et la non-discrimination,
  • des conditions de travail et de rémunération décentes.
Un premier essai a vu le jour outre-atlantique : la norme sociale SA 8000 [A002]. Mais ce type d'approche se heurte au problème du contrôle sur le terrain. Ainsi des certifications SA 8000 ont-elles dû être retirées en catastrophe lorsqu'il s'avéra que les auditeurs s'étaient faits berner dans une usine chinoise : fausses feuilles de paie, doubles cartes de pointage (week-end et semaine) masquant un travail sept jours sur sept, repos forcé des jeunes de moins de 16 ans le jour de l'inspection [A003].

Enfin, il s'avère que les entreprises importatrices rompent purement et simplement les relations commerciales avec leurs fournisseurs lorsque les conditions de travail chez ces derniers se trouvent dénoncées ; ceci ne constitue pas vraiment une solution pour les travailleurs concernés [A002]...

Pour solutionner les problèmes humains posés par nos modes de production actuels, il faut aborder la question plus générale des rapports économiques et commerciaux entre les entités concernées (entreprises, Etats) ; des alternatives sont présentées pour cela au chapitre I.3 ci-dessous, tant sur le plan local qu'international.


Energie et préservation de l'environnement   

La consommation d'énergie à la maison est un premier thème important pour la préservation de l'environnement. L'utilisation d'un chauffe-eau solaire peut permettre de couvrir, sur le territoire français, au minimum 50 % des besoins en eau chaude [B069]. Les chaudières à bois atteignent aujourd'hui des rendements élevés [B070], et les pompes à chaleur géothermique ont également beaucoup progressé [B071]. Une production domestique d'électricité peut être envisagée à l'aide de panneaux photovoltaïques [B072] (» partie II).

En outre, il ne faut pas perdre de vue que l'énergie la plus écologique est celle que l'on ne consomme pas. Des économies d'électricité conséquentes peuvent être faites par un choix approprié du réfrigérateur [B073] ou des appareils de lavage [B074]. Les lampes fluocompactes permettent de réduire de moitié la facture d'éclairage [B075], et même la consommation des appareils électriques en veille n'est pas insignifiante [B076]. Enfin, l'isolation thermique des bâtiments est un point important et peut être assurée par des matériaux écologiques [B110] (» partie II).

Les choix énergétiques se situent également au niveau des transports. La circulation automobile urbaine représente la moitié des kilomètres parcourus en France [B001], pour des trajets souvent courts, qui peuvent être accomplis en transports en commun ou à vélo, y compris à travers des services de « vélobus » [B085]. Sur des distances plus importantes, on peut envisager le covoiturage ou l'autopartage [B086]. Les alternatives se situent également au niveau des carburants, mais restent très limitées car elles reposent toujours sur les carburants fossiles. Il s'agit d'une part de carburants provenant de gaz : le gaz de pétrole liquéfié (GPL) ou le gaz naturel pour véhicule (GNV) [B087], et d'autre part des biocarburants, huiles végétales utilisées comme additifs à l'essence ou au gazole [B088] (» II. Carburants).

Notons ici aussi que des économies substantielles peuvent être réalisées indirectement, par exemple en choisissant des circuits courts de production-distribution (» I.3) : En 2004, l'ensemble des produits alimentaires (des animaux sur pied aux produits transformés) représentait 30 % des transports de marchandises dans l'Union Européenne [C001].


Produits de consommation courante et préservation de l'environnement   

Certains produits de consommation courante présentent un mode de fabrication ou une composition plus respectueux de l'environnement que pour leurs équivalents standards [B078]. C'est le cas notamment des produits d'entretien [B111] et des lessives [B112]. Ces produits, comme également certaines peintures ou sacs poubelles, peuvent faire l'objet d'une certification par un écolabel attestant leur plus-value écologique [B107].

Enfin, le consommateur peut s'orienter vers des produits non testés sur les animaux, en particulier au niveau des cosmétiques [B106] (» partie II).


Réparation et recyclage   

Le solutionnement du problème des déchets passe par la réduction des déchets à la source, leur recyclage, et dans certains cas la réparation de biens manufacturés.

La réparation des biens durables a fortement chuté lors des dernières décennies : dans les années 1960, les ménages consacraient en frais de réparation 50 % de leurs dépenses liées aux appareils ménagers, contre moins de 10 % en 2003. Le facteur principal de la baisse des réparations au profit du neuf, est la disponibilité massive de produits bon marché, souvent importés. Suivent l'attrait pour la nouveauté lié aux effets de mode, et l'absence de pièces de rechange [C005].

Pourtant, la réparation peut entraîner d'importants bénéfices écologiques (par exemple : doublement de la durée de vie des machines à laver), économiques et sociaux (emplois locaux qualifiés) [C005].

Le recyclage est devenu incontournable pour certains produits, comme le montre le cas du papier recyclé [B108]. En France, le taux d'utilisation de papiers récupérés, dans la production de pâte à papier, dépasse aujourd'hui les 50 % (soit 5 millions de tonnes de papiers récupérés) [C010].

Autre exemple, et alors que leur devenir reste particulièrement opaque en France : les déchets électroniques et informatiques sont gérés en Suisse par un système reposant sur une taxe obligatoire à l'achat de ce type d'appareils. Il comprend la collecte, le transport, le recyclage par des entreprises agréées, et des audits indépendants. En 2003, 68 000 tonnes de déchets ont ainsi été recyclées, et 75 % des matières ont pu réintégrer le cycle des matières premières [C006].


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