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Evolution des pratiques agricoles

Cette section aborde les dérives de l'agriculture conventionnelle, d'abord sur le plan de l'environnement (pollutions, OGM, biodiversité) puis sur le plan humain (exploitation des pays du Tiers-Monde, des travailleurs agricoles).

Pollutions agricoles
Organismes génétiquement modifiés (OGM)
Pays du Tiers-Monde
Exploitation des travailleurs agricoles
Autres déficiences de l'agriculture conventionnelle

L'agriculture biologique est ensuite présentée, en tant que solution à la majeure partie des problèmes posés par les modes de culture et d'élevage conventionnels.

Agriculture biologique



Pollutions agricoles   

Les pesticides posent d'importants problèmes environnementaux et de santé publique. Ils feraient, selon l'OMS, 220 000 morts et 25 millions de cas d'empoisonnement par an dans les seuls pays du Tiers-Monde [B017]. L'exposition aux pesticides entraîne un risque accru de cancer, troubles neurologiques (maladie de Parkinson), stérilité masculine, et mortalité foetale pour les femmes enceintes [B025].

  • Selon la Commission européenne (Direction de la santé et de la protection des consommateurs), 38 % des fruits, légumes et céréales consommés en Europe en 2002 contenaient des résidus de pesticides. En France, ce chiffre s'élève à 46 %, en constante augmentation depuis l'an 2000 [C018].
  • Les agriculteurs connaissent un accroissement du risque de certains types de cancer, pouvant atteindre un facteur 7 : cerveau, leucémie, estomac, prostate, ovaires, sein [B025].
  • Une étude menée en 1998 aux États-Unis sur 4 000 femmes souffrant de cancer du sein a montré que leur sang contenait en moyenne quatre fois la dose de DDT trouvée chez des femmes saines, alors que ce produit, très stable, y est interdit depuis près de 20 ans [B025].
  • Au Costa-Rica, le pesticide Némagon de Dow Chemical a été utilisé pour la culture de la banane, par injection dans le sol, entre 1968 et 1979. Aujourd'hui, 30 000 travailleurs des bananeraies et leurs familles en subissent toujours les effets : stérilité, cancers de l'estomac ou des testicules, perte de la vue ou des dents, tumeurs, fausses couches. Certains effets de ce pesticide étaient connus de Dow Chemical dès 1958. La Standard Fruit Company, principal client de Dow, a été prévenue des risque liés au Némagon en 1975, mais a poursuivi son utilisation sans prévenir les milliers de travailleurs agricoles concernés. Le Honduras et le Guatemala pourraient connaître une situation similaire à celle du Costa-Rica, mais non encore chiffrée [C026, A031].

La France, second consommateur de pesticides au monde et premier pour la quantité de pesticides épandus par hectare cultivable, utilise annuellement autour de 120 000 tonnes des 800 substances pesticides actives autorisées, soit 2 kg par habitant [B024]. L'environnement en est saturé, de l'atmosphère aux nappes phréatiques.

  • Dispersion par le vent au moment de l'épandage, sous forme de nuages d'aérosols très concentrés en pesticides et pouvant franchir des dizaines de kilomètres [B024].
  • Concentrations de pesticides dans les brouillards et l'eau de pluie, de 10 à 140 fois plus importantes que le seuil défini pour l'eau potable (études INRA et IFARE, 2000) [A024].
  • Contamination avérée de tous les cours d'eau faisant l'objet d'un suivi en France, soit 1 500 stations de mesure (rapport IFEN, 2003) [B077].
  • Pour les nappes phréatiques (60 % de l'eau consommée), 75 % des points surveillés sont pollués (le plus fréquemment par des herbicides de la famille des triazines) ; cette pollution peut être considérée comme irréversible, les nappes phréatiques mettant des milliers d'années à se renouveller (rapport IFEN, 2003) [B077].
  • Mise en évidence de la pollution des eaux souterraines danoises par le glyphosate (principe actif du RoundUp ou du TouchDown, censé être dégradé par les bactéries du sol) jusqu'à 5 fois la concentration maximale admissible (étude de l'Institut de Recherche Géographique du Danemark, 2003) [B056].

La faune sauvage non ciblée théoriquement (abeilles, oiseaux) est directement atteinte par les insecticides, tandis que les insectes visés développent des mécanismes de résistance [A026]. L'augmentation des dosages ou la mise au point de nouveaux pesticides deviennent alors nécessaires, les industriels concernés allant jusqu'à tester leurs produits sur des cobayes humains [A025]. En parallèle, les substances dont la toxicité est avérée et la carrière commerciale terminée en Occident sont écoulées vers les pays du Tiers-Monde [B017].

  • Décimation des essaims d'abeilles (plus de 350 000 colonies anéanties chaque année) à cause de l'utilisation des produits phytosanitaires dits systémiques (Gaucho/Bayer, Régent, Schuss...) pour la culture intensive du tournesol et du maïs, ces neurotoxiques faisant perdre aux abeilles le sens de l'orientation [B054].
  • 10 à 52 millions d'oiseaux victimes annuellement des pesticides épandus sur les champs de maïs aux États-Unis (étude Environnement Canada, 2003) [B055].
  • La résistance à un insecticide repose sur une évolution génétique des populations, ainsi certaines souches de la mouche domestique présentent-elles un taux de résistance au DDT de 50 000 (i.e. il faut 50 000 fois plus de DDT pour tuer un pourcentage donné d'individus résistants qu'il n'en faut pour tuer le même pourcentage d'individus 'normaux') ; l'augmentation de la résistance a un coût (dû à l'accroissement des ravages causés aux récoltes) : en 1980 déjà, il était estimé à 133 millions de dollars aux États-Unis [A026].

La pollution des sols engendrée par l'agriculture conventionnelle se traduit aussi par la présence de nitrates, provenant d'un usage excessif d'engrais et des déjections des élevages intensifs [B077].

  • La croissance des teneurs en nitrate dans les principales nappes des régions agricoles oblige à fermer chaque année de nombreux captages pour l'eau potable (55 dans le bassin Loire-Bretagne en 1997). On estime que 400 000 tonnes d'excédents azotés se transformant en nitrates rejoignent chaque année rivières et nappes de France [B077].
  • 310 millions d'euros ont été dépensés pour la mise en place de processus de nettoyage de l'eau en Bretagne entre 1993 et 2000, sans que la situation ne s'améliore. La Cour des comptes a dénoncé ces investissements payés par le contribuable et le consommateur au bénéfice des éleveurs hors-sol, principaux pollueurs [B036].


Organismes génétiquement modifiés (OGM)   

La culture commerciale des organismes génétiquement modifiés (OGM) s'étend rapidement [B037], alors même que le retour d'expérience sur leur culture en Amérique du Nord ne montre aucun avantage significatif et reproductible pour le paysan ou le consommateur [B031] et présente même un bilan négatif sur le plan environnemental [B033]. Cela n'est guère étonnant car la quasi-totalité des OGM cultivés ont été modifiés génétiquement dans le but de tolérer un herbicide (variétés « Roundup-ready », « Liberty link »), ou de sécréter un insecticide [C011].

  • 45 millions d'hectares d'OGM plantés dans le monde en 2000 (68 % aux USA, puis Argentine 23 %, Canada 7 %, Chine 1 %) ; le maïs et le soja couvrent 4/5 de ces surfaces, le colza, le coton et les pommes de terre venant assez loin derrière [B037]. En 2002, cette superficie passe à 58,7 millions d'hectares dans le monde (la répartition entre les pays ci-dessus reste à peu près identique) [C011].
  • En 2002, 51 % du soja, 20 % du coton, 12 % du colza et 9 % du maïs cultivés dans le monde étaient génétiquement modifiés [C011].
  • Cinq firmes multinationales (Monsanto principalement, puis Aventis, Syngenta, DuPont et Dow) contrôlent les neuf dixièmes des semences OGM, ainsi que les pesticides et herbicides qui leurs sont associés [C011].
  • Après 6 années de culture de soja, maïs et colza transgéniques en Amérique du Nord, le bilan est négatif : baisse des rendements, accroissement massif de l'usage des herbicides (jusqu'à 34 fois plus pour les sojas ''Round Up Ready''), apparition de plantes mutantes résistantes aux herbicides ; la facture pour ces trois filières OGM (subventions et déboires commerciaux) depuis 1999 est estimée à 12 milliards de dollars [B033].
  • En Grande-Bretagne, des experts indépendants ont comparé à grande échelle les impacts sur la biodiversité des cultures OGM et conventionnelles de colza, de betterave et de maïs. Résultat en fin de saison : de 3 à 6 fois moins d'insectes et d'espèces végétales dans les champs OGM de colza et de betterave (les résultats du maïs prêtent à controverse) que dans les autres [C030].


De plus, les filières OGM menacent directement l'existence des formes non productivistes d'agriculture, soit par la pollution génétique des variétés traditionnelles ou biologiques [B038], soit par le démantèlement forcé d'agricultures locales dans les pays du Sud [B018]. Tout cela en l'absence d'études toxicologiques sur les OGM malgré des résultats ponctuels alarmants [A032, C012].


  • Un ancien cultivateur de soja bio du Gers a dû se reconvertir suite à la pollution génétique de ses cultures par un soja OGM de Monsanto, identifié par la Répression des fraudes. En 2002, sa plainte était toujours en attente au tribunal d'Auch, depuis 1996 [B032].
  • Au Canada, 6 ans après le début de la production commerciale du colza OGM, le Centre de recherche du Ministère de l'agriculture affirme que « le pollen et les semences se sont tellement éparpillés qu'il est désormais difficile de cultiver des variétés traditionnelles ou biologiques de colza sans qu'elles soient contaminées » [B038].
  • Au Canada, un agriculteur pollué par le colza OGM de Monsanto a été attaqué en justice par la firme voulant faire valoir son droit au brevet ; en mars 2001, la justice canadienne donne raison au détenteur du brevet, estimant que l'agriculteur aurait dû abandonner ses cultures lorsqu'il a su qu'il y avait du colza transgénique sur ses terres [B057].
  • Au Kenya, des méthodes efficaces de lutte biologique (de type 'push-pull') ont été mises en place pour lutter contre un parasite du maïs. Suite au succès de cette approche, son instigateur (l'ICIPE) a été accusé de vouloir priver l'Afrique des technologies « high-tech » ; cette campagne de dénigrement a réussi et a débouché sur l'adoption des OGM par le Kenya [B018].
  • En 1998, des recherches sont menées sur la valeur nutritionnelle de pommes de terre transgéniques ; or les 125 rats ainsi nourris présentaient une stimulation anormale du pancréas, des intestins, de la prostate et des testicules, une atrophie du foie et un retard dans le développement du cerveau. Après avoir fait état de ces résultats dans une interview télévisée, le responsable des recherches a été mis à la retraite avec ordre de se taire [A032].
  • La tomate transgénique FLAVR SAVRTM a fait l'objet de la seule et unique évaluation officielle d'un produit transgénique par la FDA américaine. Les expériences ont montré que cette tomate provoquait une augmentation de l'érosion / nécrose des glandes de l'estomac pour la population de rats testée. Malgré ces résultats, la FDA n'a pas poursuivi l'étude, ne l'a pas publiée (elle est devenue accessible suite à un procès), et n'a plus requis depuis d'évaluation nutritionnelle et toxicologique pour aucun autre aliment transgénique [C012].


Pays du Tiers-Monde   

Plusieurs biens de consommation courante en Occident sont issus de pratiques agricoles qui contribuent de façon significative à la misère de nombreuses populations des pays du Sud. Les exemples frappants des décennies passées (cultures d'exportation remplaçant les cultures vivrières dans des pays africains souffrant de sécheresse et de famine [B009]) relèvent d'une logique d' « agro-business » qui se perpétue aujourd'hui encore sous différentes formes : production d'alimentation pour le bétail européen [B022] ou de fruits exotiques [B023] au détriment des cultures vivrières, déforestation, déplacement voire répression des paysans locaux [B019] transformés progressivement en ouvriers agricoles pour le compte de multinationales omnipotentes [B012].

  • Expansion des cultures de cacahouète et de coton (destinées à l'exportation) au Sahel et au Mali durant les périodes de famine dans les années 70 [B009].
  • Culture d'exportation (cacahouète) entraînant le refoulement et la sédentarisation de populations nomades (d'où surpaturage et désertification) et accaparant les rares ressources en eau (Sahel) [B009].
  • Triplement de la population de boeuf à l'exportation au Costa-Rica (années 1960-70) parallèlement à l'effondrement de la consommation locale [B010].
  • Terres arables transformées en culture d'exportation (principalement canne à sucre) en République Dominicaine, alors que les paysans affamés ou sans terres représentent 75 % de la population [B011].
  • Multinationale (Del Monte, culture de l'ananas) obtenant de la terre pour un prix dérisoire (1 peso / hectare / an) auprès du gouvernement philippin à la recherche de devises [B012].
  • Au Brésil, le soja, destiné à alimenter le bétail européen et japonais, a vu s'accroître de 37 % sa surface cultivée entre 1980 et 1995, alors que la production de riz par habitant diminuait de 18 % ; cette évolution s'est accompagnée d'une déforestation massive et d'une expulsion des petits paysans de leurs terres ; les grands propriétaires terriens maintiennent leur statut par la violence et en toute impunité : de 1985 à 1996, on compte plus de 900 assassinats de travailleurs agricoles et de militants du MST pour cinq condamnations seulement [B019].
  • En Ethiopie, durant la famine des années 1970 (un million de victimes), une partie des terres agricoles était détournée pour l'exportation de tourteaux de lin, de coton et de colza, destinés au bétail européen [B022].
  • En l'an 2000, près de 38 millions de tonnes d'aliments pour animaux sont exportées par les pays en développement vers les pays riches principalement [B022].
  • Aux Philippines, les cultures d'exportation d'ananas et d'asperges se font au détriment des populations locales : déplacement d'agriculteurs et de peuples indigènes, baisse des cultures vivrières devant désormais être importées en grandes quantités (riz, maïs) [B023].
  • Les multinationales (exemple de Dole) quittent une région lorsqu'augmentent les parasites et la résistance aux pesticides. Ces délocalisations ruinent les partenaires locaux, faisant chuter le prix de la terre et les salaires, ce qui crée les conditions « idéales » pour un futur investissement dans un autre type de culture intensive (exemple de l'alternance melon, coton, bétail, sucre au Honduras) [B014].


Exploitation des travailleurs agricoles   

L'exploitation des travailleurs agricoles est également une caractéristique de l'agriculture conventionnelle. Cela va de l'exploitation des enfants sur les plantations des pays du Sud (tabac, bananes, cacao...) [A005] à l'intoxication des ouvriers agricoles pour cause d'épandage de pesticides durant leur travail [A029], sans oublier la présence massive en Europe d'immigrés clandestins corvéables à merci [B040] et constituant, dans des conditions de vie souvent indignes, un rouage essentiel du système agricole conventionnel y compris en France [B042].

  • Enfants exploités pour la récolte et le séchage des feuilles de tabac au Malawi, dans les champs de banane douze heures par jour en Equateur, sur les plantations de cacao en Côte d'Ivoire ; cela pour le compte de multinationales (Philip Morris, Altadis, Chiquita, Del Monte, Cargill) [A005].
  • Intoxication d'ouvriers agricoles dans les bananeraies (Equateur) par les pesticides, parfois épandus par avion alors que le personnel y travaille, et répression de toute activité syndicale [A029].
  • La présence massive et les conditions de vie misérables d'immigrés clandestins travaillant dans l'agriculture en Espagne (estimés à 150 000 personnes), ont été mises en lumière par les émeutes racistes d'El Ejido (février 2000) ; aux Pays-Bas, l'un des premiers pays au monde à avoir intensifié son agriculture, un tiers des travailleurs clandestins, estimés à 100 000, se trouvent dans la production de fleurs et de légumes [B040].
  • Les clandestins maghrébins employés dans l'agriculture intensive au sud de la France connaissent souvent des conditions de vie indignes : enfermement, exploitation, violences, chantage à l'expulsion, logements insalubres, travail sous serres emplies de pesticides... Le racisme est devenu l'un des pilliers de ce système de production agricole [B042].


Autres déficiences de l'agriculture conventionnelle   

Enfin, l'agriculture intensive aboutit à d'autres impasses encore. Elle engendre une réduction de la biodiversité [B016], consomme bien plus d'énergie que les agricultures durables [B015] et ce pour un rendement global inférieur (dès lors que le critère n'est plus le travail humain) [B020] ! En outre, elle ne perdure que grâce à l'injection permanente de subventions considérables [A018], et s'échafaude ainsi sur une base économique faussée, aux conséquences humaines désastreuses [B007].

  • La culture intensive du riz en Inde (« Révolution verte ») s'est traduite par une quasi-annihilation de la biodiversité (destruction de milliers de variétés de riz traditionnelles) et une augmentation des parasites et maladies [B016].
  • La production de chaque tonne de céréales ou de légumes issus de l'agriculture intensive consomme de 3 000 à 10 000 mégajoules, alors que dans une agriculture durable, seulement 500 à 1 000 mégajoules sont consommés pour la production de la même tonne [B015].
  • Une population mondiale de 5 milliards d'individus nourrie comme les nord-américains et utilisant leur technologie agricole, aurait déjà (en 1996) épuisé les réserves totales de pétrole [B017].
  • Si l'on se base sur le travail humain comme seul critère de productivité, l'agriculture industrielle est 500 fois plus productive que l'agriculture traditionnelle. Mais si au lieu du travail humain, on prend en compte l'énergie, les ressources naturelles et les intrants chimiques, les monocultures industrielles sont 66 fois moins productives que les polycultures traditionnelles [B020].
  • En 1999, les pays de l'OCDE ont subventionné leur agriculture à hauteur de 361 milliards de dollars (soit 1,4 % du PNB total) ; ce montant est à comparer aux 7,4 milliards de dollars d'aide officielle accordée à l'agriculture des pays pauvres en 1998 [A018].
  • Les conséquences humaines du productivisme agricole se traduisent, dans les pays défavorisés, par une exclusion des paysans expropriés de leurs terres (exemple du Brésil où 1 % de grands exploitants détiennent 50 % des terres, alors qu'on estime à 70 millions de personnes, soit plus d'un habitant sur trois, le nombre des sous-alimentés), privés de travail suite à la mécanisation agricole, ou concurrencés sur les marchés par des productions européennes importées [B007].
  • Le productivisme agricole entraîne de fortes pertes d'emploi : en France, dans les dernières décennies, à une croissance de 30 % tous les dix ans du produit agricole a correspondu une diminution de l'emploi agricole de 30 % également tous les dix ans [B008].


Agriculture biologique   

L'agriculture biologique constitue une solution à la majorité des dérives que connaît l'agriculture conventionnelle sur le plan environnemental, et résout aussi certains problèmes évoqués sur le plan humain.
Ainsi, l'agriculture biologique se caractérise d'abord par son rejet des engrais, herbicides et pesticides de synthèse, pour les productions végétales. Elle inclut également l'élevage, avec des contraintes sur les conditions de vie des animaux, leur alimentation (provenance locale et biologique) et les traitements vétérinaires [B090].

Ces particularités sont formalisées dans des cahiers des charges, au niveau national ou européen, et font l'objet de contrôles par des certificateurs agréés en vue de l'attribution de labels [B091]. Le plus répandu d'entre eux est le label « AB », propriété de l'Etat français, mais il en existe d'autres (» I.5).

Si l'abandon des engrais et pesticides chimiques, ainsi que le refus des OGM, représentent les apports les plus fondamentaux de l'agriculture biologique, d'autres effets bénéfiques peuvent être mis à son actif et en font une solution pérenne. Ainsi, la biodiversité propre à cette agriculture permet d'accroître la productivité des parcelles [A023], et il s'avère que l'absence de recours aux pesticides peut induire une augmentation de la production [B021] et des revenus des paysans [B015].

Fin 2002, en France, les cultures biologiques s'étendaient sur 509 000 hectares (+ 21 % en un an), soit 1,7 % de la surface agricole utile, et concernaient 10 400 exploitations (+ 8 % en un an) [B089]. En 2001, les agriculteurs labellisés AB ne représentaient que 1,36 % des agriculteurs. Le numéro un européen en la matière est l'Autriche, avec 7 % des agriculteurs et 8 % de la surface agricole en bio [B102].



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