![]() |
L'Encyclo-Conso |
Produits pseudo-éthique |
| La
prise de conscience progressive des conséquences de nos modes de
consommation, a engendré l'apparition sur le marché de
divers produits faussement éthiques, proposés par des
entreprises qui s'accomodent très bien du système
économique existant et contribuent largement à ses
dérives. Dans le meilleur des cas, il s'agit d'un vernis caritatif ou écologique apposé sur des produits par ailleurs totalement conformes aux standards du marché ; en règle générale, ces démarches sont l'aboutissement des stratégies de communication des grandes entreprises qui, par le truchement de « chartes éthiques » et autres « codes de bonne conduite » peu crédibles [B094], cherchent à calmer à moindres frais les velléités du consommateur en quête de bonne conscience. _____
Pour commencer avec les services bancaires, on trouve par exemple les placements éthiques, dont le principe est d'investir dans des sociétés désignées par des agences de notation comme observant un minimum de règles en matière sociale ou environnementale. Or les heureux élus sont de grosses sociétés (Carrefour, l'Oréal, Vivendi, Axa...), ce qui exclut d'emblée toute véritable visée 'éthique' et aboutit à des situations grotesques, comme la présence de TotalFinaElf dans le fonds Hymnos du Crédit Lyonnais [A014], et plus généralement à la distinction d'entreprises aux pratiques pourtant répréhensibles [B061]. Lorsqu'ils sont proposés par des banques classiques, les fonds de partage, qui consistent pour l'épargnant à renoncer à une partie de ses intérêts au profit d'une association humanitaire ou caritative, sont eux aussi investis dans les valeurs des grosses entreprises françaises [A015]. Dans un autre registre, l'agriculture intensive débouche aujourd'hui sur l'agriculture raisonnée qui prétend que moyennant la correction de quelques abus, les méthodes conventionnelles respectent l'environnement. Bien entendu, l'agriculture raisonnée n'exclut ni les produits chimiques, ni les OGM. Ses promoteurs sont regroupés dans l'association FARRE, où l'on retrouve le syndicat productiviste FNSEA et des industriels de l'agrochimie tels que Monsanto [B092]. Enfin, le tourisme de masse cherche, sans réformer ses pratiques illustrées plus haut, à redorer son blason via la formule « TFD » qui consiste, pour les voyages estampillés, à reverser 1 $ par nuit à un projet de développement local mené à proximité de l'infrastructure touristique [B113]. |